Focus Partenaire : Parole à Lionel Servant - Directeur Général de l'hôtel Le Negresco

Mis à jour : mai 3

Sur la Côte d'Azur, avec la crise sanitaire, le taux d’occupation dans les hôtels a rapidement chuté depuis le milieu du mois de mars 2020, et certaines grandes et moyennes structures ont eu recours au chômage partiel. Les priorités des professionnels du secteur THR ont été de maintenir la trésorerie des établissements à flot et de veiller à la sécurité et à la santé de leurs salariés. La capacité de résilience des entreprises se mesure aujourd'hui dans la façon dont celles-ci ont réussi à remobiliser l’élément crucial de leur organisation, garant de leur compétitivité : le capital humain. Plongée au cœur des initiatives de l'hôtel Le Negresco à Nice avec son directeur général : Lionel Servant.


(c) Photo : Marie Guenin


Comment imaginez-vous la réouverture de votre établissement?


Avec bonheur !

Pour échanger régulièrement avec nos collaborateurs, ils sont dans la même envie que moi. Nous avons une grande majorité de nos collaborateurs qui sont passionnés par notre métier. Le sens de l'accueil et l'interaction avec nos hôtes leurs manquent. D'un point de vue occupation, je pense que nous allons renouveler la saison passée, c'est à dire des mois assez calmes en début de reprise pour monter en puissance sur l'été.


Vous avez initié des projets en faveur de vos équipes et plus particulièrement les équipes restauration pour lesquelles vous organisez une formation aux nouveaux codes du luxe en restauration. Pouvez-vous nous en dire un peu plus?


En effet, nous avons lancé plusieurs projets dont la refonte de nos protocoles de service pour notre restaurant étoilé. L'objectif clair et fixé pour nos équipes est de conquérir cette deuxième étoile pour notre restaurant Le Chantecler. Pour cela, nous avons fait appel à l'expertise et le conseil d'un MOF Maître d'hôtel du service et des arts de la Table. cela se traduit par une analyse de l'ensemble de nos protocoles de service, pour ensuite en modifier certains et adapter d'autres aux nouveaux codes comportementaux du luxe en restauration.


Prévoyez-vous des actions pour remobiliser vos équipes en vue de la réouverture?


Nous avons mis en place un programme plus élaboré et plus détaillé pour cette nouvelle réouverture par rapport à celle de l'an passé. Ce afin de compenser la longue période d'inactivité de l'ensemble de nos collaborateurs. Cela passe donc par la mise en place de séances de coaching physique et de remise en forme qui peuvent s'assimiler aussi à un team building mais aussi des séances de sophrologie. Auxquelles nous ajouterons une conférence par un spécialiste sur les codes du luxe après le Covid, un plan de formation individuel et collectif sur les protocoles de service ainsi que sur les protocoles sanitaires et enfin une conférence de ma part sur la situation de notre maison avec le partage de nos projets à courts et moyens termes inscrits dans une stratégie post-Covid.


Comment envisagez-vous la communication « masquée » avec vos clients ?


Afin de compenser la présence du masque sur nos visages, nous lançons un programme de formation sur la gestuelle à adopter, parallèlement, nous rappelons les rituels de service à chaque département en travaillant sur le développement du regard et son impact sur son interlocuteur.


Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes en formations qui s'inquiètent de leur avenir au vu du contexte ?


Reprendre à leur compte le mot « résilience » car notre secteur est évidemment très touché en ce moment, en revanche je suis convaincu que la reprise se fera et l'embellie existera vraiment. De plus, à court terme, beaucoup d'opportunités vont voir le jour pour les primo-emplois du fait de la pénurie des candidats plus expérimentés qui ont réorienté leur carrière pendant l'année écoulée. Ensuite, continuer leur parcours estudiantin pour ceux qui le peuvent afin de développer leurs compétences et leur niveau d'études pour surfer sur la vague de la reprise et augmenter leur capacité intellectuelle pour en retirer le bénéfice dans le développement de leur carrière. Enfin, je leur recommande de développer leur ouverture sur le monde pour ouvrir leur champs des possibles à court terme.

348 vues0 commentaire