Interview avec Jean-Charles Ruggia, Président GNI PACA

Dernière mise à jour : 29 nov. 2021



Jean-Charles Ruggia


1. Vous venez de clore votre congrès annuel, pouvez-vous nous résumer les principaux axes qui sont ressortis de ces discussions ?


La convention du GNI a donné le ton en traitant bien entendu, avec tous les politiques présents, des perspectives sur la sortie de crise liée à la période COVID, le secteur ayant été le plus touché mais également le plus aidé durant cette période.


3 axes à retenir et qui résonnent particulièrement dans notre région :

- les mutations de nos métiers au numérique, auxquelles de nombreux professionnels ont été confrontés pendant la crise et qui a marqué encore plus les écarts entre chaînes et indépendants.

- l’humain, capital clé de nos entreprises, ne permet pas de répondre aux offres d’emplois du secteur renforçant encore plus les problématiques d’emplois en tensions que nous avions avant la COVID.

- le RSE, qui fait l’objet d’une direction dédiée au sein de notre groupement, afin d’aider et accompagner nos adhérents dans leurs démarches de responsabilité sociétale et environnementale.


2. Y-a-t-il des problématiques spécifiques en région Sud que vous portez au niveau national ?


Dans notre région, de nombreux salariés qualifiés et saisonniers ont préféré rejoindre d’autres secteurs, peut-être moins rémunérés, mais dont les rythmes sont plus adaptés à la vie de famille. Weekends travaillés et coupures sont souvent les détracteurs jouant contre l’attractivité de notre filière. Nous avons perdu environ 13 600 employés potentiels qualifiés en PACA qu’il ne sera pas facile de faire revenir et séduire de nouveaux publics prendra du temps en formation.


"Weekends travaillés et coupures sont souvent les détracteurs jouant contre l’attractivité de notre filière"

La modularité des jours d’ouverture des établissements, les horaires en continu avec des équipes en rotation et la prise en compte des besoins de ces nouvelles générations sont des réflexions concrètes que nous avons actuellement.


Cette problématique de l’accueil des saisonniers avec des coûts d’hébergement au niveau local s’enflamment pendant la saison estivale, ne peut être résolue qu’avec des partenariats publics privés. Nous sommes en train d’appuyer le rachat d’établissements de plein air avec hébergement en structure légère à Ramatuelle avec les services de l’état et les professionnels pour permettre le logement des saisonniers en hôtellerie restauration ou lors récoltes viticoles.


3. Avez-vous observé des mutations métiers et carences en compétences auxquelles notre Campus pourrait répondre par la création de nouveaux modules de formation ?


Les mutations numériques sur la filière ont mis en exergue la nécessité pour les professionnels d’intégrer dans leur gestion quotidienne les plateformes de réservation ou de gestion de la relation client. La reconquête ou la fidélisation des clients est également un des points essentiels qu’il est nécessaire d’intégrer pour certains professionnels pour maintenir leur rentabilité. Il est donc prioritaire pour les jeunes et futurs professionnels du secteur de maitriser les outils digitaux pour une meilleure gestion opérationnelle des établissements.


Au-delà des compétences, c’est le savoir-être ou les « soft skills » qui sont essentiels aujourd’hui pour les professionnels qui recrutent.

Au-delà des compétences, c’est le savoir-être ou les « soft skills » qui sont essentiels aujourd’hui pour les professionnels qui recrutent. L’intégration et l’adaptation des nouvelles recrues au sein d’un nouvel environnement professionnel n’est pas chose aisée. Parfaire leur formation dans ce domaine de la culture d’entreprise nous parait nécessaire.


La formation continue des professionnels à l’accueil de ces nouvelles générations est également une étape nécessaire pour renforcer notre attractivité.


Enfin, réussir à transmettre la passion de nos métiers à de nouveaux publics comme les personnes en situation de handicap, éloignées de l’emploi ou isolées géographiquement est un axe pour trouver de nouveaux talents sur le long terme.



4. Quelle valeur apportez-vous au Campus TIH et en quoi cela vous semble indispensable d’être notre partenaire ?


Cela nous semble essentiel d’être partenaire des actions d’un groupement public qui forme plus de 10 000 apprenants par an, de quoi offrir des ressources qualifiées aux acteurs du secteur.


La valeur d’un campus qui est avant tout un réseau régional fédérant acteurs privés et publics, c’est son ancrage régional. Nous partageons les mêmes objectifs concrets pour soutenir toute une filière : l’employabilité, la mise à disposition de ressources et l’adaptation aux mutations métiers.


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